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Expertise et savoir-faire Cegedim Santé

Pourquoi intégrer les Soins non Programmés à sa pratique médicale ?

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Temps de lecture : 4 minutes

L'édito du docteur Jarrousse

Urgent ou pas urgent ?

La notion de Soins non Programmés (SNP) se confond souvent avec celle du soin urgent, voire avec celle du recours aux services des Urgences. Pourtant, dans son rapport de juillet 2020  l’IRDES ( Institut de Recherche et de Documentation en Économie de la Santé )  définit les SNP "comme […] devant répondre à une urgence ressentie, mais ne relevant pas médicalement de l'urgence et ne nécessitant pas une prise en charge par les services hospitaliers d'accueil des urgences". Or, de 2006 à 2016, le nombre de passages aux Urgences a plus que doublé, passant de 10 à 21 millions par an.

Le budget de couverture de l’Assurance Maladie correspondant est aujourd’hui de 2,5 Md€. Une simple règle de trois permet donc d’évaluer le coût minimum d’un passage aux Urgences à 120 €, soit au moins 4 fois le coût d’une consultation de MG. Ce coût est encore bien plus élevé lorsque le patient concerné vient d’un EHPAD, puisqu’il faut y ajouter le transport et les éventuelle suites de l’hospitalisation (Thèse de Clara Colin - Analyse des admissions non justifiées de résidents des EHPAD de Dordogne dans la structure d’Urgence du Centre Hospitalier de Périgueux) .

En comparaison, moins de 10% des consultations auprès des spécialistes libéraux (hors pédiatres et ORL) relèvent de véritables urgences
(Gouyon, M. (2006). "Les recours aux médecins urgentistes de ville." Etudes Et Résultats).

Pourquoi cette inflation du recours aux Urgences ?

L’accroissement du nombre de passages aux Urgences est multifactoriel :

  • la raréfaction du « médecin de famille » qui touche aussi bien les villes que les campagnes et peut aboutir à de véritables déserts médicaux ;
  • l’évolution des mentalités avec la recherche, le plus souvent, d’une solution instantanée ;
  • l’idée parfois répandue qu’on sera toujours bien soigné à l’hôpital ;
  • une organisation de l’offre de soins libérale qui reste perfectible.

Le corolaire de tout ça étant que le délai d’attente dans la file des Urgences a tendance à dépasser allègrement les 6 à 8 heures, quand ça n’est pas plus.

Alors, que faire ?

Les enjeux sont majeurs : redonner aux médecins libéraux une place qu’ils occupaient autrefois, soigner aussi bien et peut-être mieux, mais aussi au juste prix. Pour espérer atteindre la cible il faut donc : 

  • Redonner du temps médical. C’est toute l’essence de la délégation de soins aux IPA et aux Assistants.
  • Développer la téléconsultation et le télésoin, surtout lorsque ceux-ci peuvent être disponibles sans rendez-vous comme c’est le cas avec notre solution Maiia.
  • En corolaire, permettre aux Professionnels de Santé d’équilibrer plus facilement vie privée et vie professionnelle. Pour certains, la solution passe par l’intégration d’une structure pluri-professionnelle qui, plus que jamais, répond à l’aspiration de nombre de nos jeunes consœurs et confrères.

Enfin, il faut aussi réorganiser la façon de dispenser des Soins non Programmés dans le secteur libéral. C’est tout l’objet du Service d’Accès aux Soins.

Le Service d’Accès aux Soins

Le SAS (Service d’Accès aux Soins) est l’un des piliers du programme Ma Santé 2022. Il vise à centraliser sur un serveur unique tous les créneaux des médecins libéraux disponibles pour des Soins non Programmés. Lancé début 2021 avec une poignée d’éditeurs, dont Cegedim Santé avec son offre Maiia, ce projet est déployé en pilote dans plusieurs départements (22 sites au total) et doit être généralisé en 2022. Il a tout récemment été renforcé par la conclusion de l’Avenant n° 9 à la Convention Médicale signée par une majorité de Syndicats de Médecins et la CNAM.

En clair, et de façon très synthétique, de quoi s’agit-il ?

L’effecteur de la régulation (le 15, par exemple) reçoit l’appel d’un patient qui nécessite une consultation médicale. Si, après interrogatoire, il s’avère effectivement que son cas ne relève pas de l’urgence, en se connectant sur le SAS l’effecteur est en mesure de visionner instantanément tous les créneaux de SNP proposés sur le territoire. Dès le choix du créneau approprié, il est redirigé vers le site de prise de rendez-vous (Maiia, par exemple) où il peut confirmer le rendez-vous et transmettre automatiquement au patient toutes les informations nécessaires à la réalisation de la consultation physique ou de la téléconsultation qui aura lieu, nécessairement sous 48 heures maxi.

Pour que ce principe du SAS soit pleinement efficace il faut que :

  • Les médecins proposent au moins 2 heures de SNP par semaine sur un agenda Maiia ouvert au public : pour cela l’avenant 9 prévoit qu’ils seront rémunérés à hauteur de 1400 €/an (indicateur n°8 du forfait structure).
  • Les médecins effectuent des RDV de SNP : rémunération progressive avec une surcote d’acte s’étalant de 4,67 € à 14 € par acte en fonction du nombre de SNP trimestriels (indicateur n°9 du forfait structure).

On entend par créneau SNP, tout créneau mis à disposition d’une patientèle dont le médecin n’est pas le médecin traitant, et ce en dehors des horaires de PDSA (Permanence de Soins Ambulatoires).
La solution Maiia Agenda et Téléconsultation a été tout récemment validée par l’ANS et participe aux pilotes SAS partout sur le territoire.